Communaut religieuse de Torfou

Il serait vain d’établir une organisation religieuse à Torfou avant la fin du XIIIème siècle. En effet, nous ne disposons pour l’instant d’aucune preuve tangible attestant l’existence d’une paroisse dans notre commune avant cette époque. Les documents qui auraient pu exister ont été détruits pour la plupart à la suite des invasions normandes, des épisodes sanglants des guerres de religion et enfin à l’occasion des guerres de Vendée...
 

 

UNE APPROCHE DE L'HISTOIRE RELIGIEUSE A TORFOU

 

Il serait vain d’établir une organisation religieuse à Torfou avant la fin du XIIIème siècle. En effet, nous ne disposons pour l’instant d’aucune preuve tangible attestant l’existence d’une paroisse dans notre commune avant cette époque. Les documents qui auraient pu exister ont été détruits pour la plupart à la suite des invasions normandes, des épisodes sanglants des guerres de religion et enfin à l’occasion des guerres de Vendée.

EVANGELISATION DE TORFOU

Mais nous savons avec certitude que nos régions ont été évangélisées soit par St Martin de Vertou, ou St Martin de Tours (si l’on en croit les représentations qui sont exposées sur le maître-autel de l’église), St Macaire ou d’autres encore. St Martin de Vertou semble cependant avoir la préférence pour la paroisse de Torfou. St Martin des Tilleuls (anciennement en l’Ars) a été évangélisé par St Martin de Vertou. Enfin St Martin de Vertou est mort à Saint Georges de Montaigu vers l’an 600.

Beaucoup de confusions auraient ainsi été commises compte tenu de la plus grande popularité de St Martin de Tours.

Maurice ESSEUL nous apporte quelques précisions concernant le vocable de Saint Martin.

« Le fait que sur le maître-­autel de l’église de Torfou, figure une statue de Saint­Martin de Tours, donnant la moitié de son manteau  à un pauvre, ne signifie pas que le vocable de  cette église ait été celui de ce personnage. Il y a eu beaucoup de confusions dans les esprits,  en raison de l’existence de ces deux saints ayant le même prénom. En effet, nous ne devons pas oublier que l’église actuelle a été rebâtie à une période  que l’on pourrait qualifier de récente, soit entre 1858 et 1860. Pour son édification, il avait été  commandé  un maître-­autel  avec  comme  consigne  de  célébrer la  gloire  de Saint Martin. Au  XIX° s. la notoriété du saint tourangeau était telle que l’on avait oublié depuis longtemps que  Saint­Martin de Vertou était passé par là. Le périple du moine de Vertou était moins connu,  car la recherche de la vie de ce personnage n’a fait l’objet d’une communication aux fidèles qu’à une époque plus tardive. Seuls les historiens et certaines autorités religieuses en avaient  la connaissance. Or,  nous  n’avons  pas  beaucoup  d’informations sur  l’action  réelle  dans  nos  régions  reculées, de Saint ­Martin de Tours qui vivait au IV° siècle et dont les fondations religieuses  qu’il  aurait  pu  créer  dans  nos  campagnes,  n’ont  pas  laissé dans  les  Mauges beaucoup  de  traces. En  revanche,  nous  savons que  Saint Martin  de  Vertou,  né  à  Nantes  et  mort  à  St  Georges  de  Montaigu (527­601) fonda  un  établissement  de  moines  à  Vertou,  puis  deux  monastères à Montaigu. Durant sa vie il parcourut toute notre région, évangélisant toutes les  contrées  devenues  païennes. L’influence  de  ce moine,  nous  disent  les  biographes  de Saint Martin, était  telle  qu’elle  fut  rapidement  efficace. « Parfois,  Saint ­Martin  prenait  avec  lui  quelques  uns  des  moines  pour  l’accompagner  dans  ses  courses  apostoliques  à  travers  le  bocage.  Les  Herbiers,  Beaupréau,  Chemillé,  Clisson,  et  la  région  de  Tiffauges,  selon  les  traditions  anciennes,  entendirent  les  bienfaits  de sa  parole...

On  pourrait  en  dire autant de l’Anjou et de la Mayenne, où sa mémoire est toujours vénérée ». (1) Le saint homme est aussi considéré comme l’évangélisateur de la Vendée. (L’île d’Yeu  aussi, eut sa visite au VI° siècle. D’où la légende de « Saint­Martin et le Pont d’Yeu ») »

Au moyen-âge, le prieuré de St Martin de Torfou dépendait de l’abbaye de Mauléon (XIème ?)

« Un terrain nommé « le Cloître » existe dans l’enclos de la Communauté. Son origine, bien antérieure au couvent actuel, remonte à la nuit des temps. Il pourrait s’agir d’une dépendance monastique très ancienne, depuis longtemps disparue.( Cote au cadastre : 553, section D - cadastre Napoléon). »

Dependance monastique D 553 

 Maitre autel Eglise Torfou
Maître-autel de l'église de Torfou figurant Saint Martin de Tours

 

Jacques Soulard, dans ses » souvenirs du vieux Torfou », nous rapporte par ailleurs :

« De l’autre coté de cette rue (rue du Pas-Larron) le jardin du docteur Lamy (acheté par la commune !!, où sont les pierres de cette entrée ?) à l’angle duquel s’élevait une croix édifiée par la famille Soulard-Morin. L’entrée de ce jardin était magnifique, plusieurs marches de granit entourées de deux pilastres en granit tenant le portail. Dans ce jardin existait un puits  avec une chaîne à godets déversant son eau dans une auge de pierre de deux mètres de long (actuellement en vallée de Torfou). Il semblerait que ce  jardin devait jadis faire partie de la première communauté créée par le Curé Foyer, sans doute à l’emplacement de l’ancien monastère des moines de Torfou qui évangélisèrent la paroisse de Gesté à partir du VIème siècle où ils édifièrent 2 églisesSt-Pierre et St-Vincent, évangélisation rapportée en l’an 1070 par Monseigneur Quiriac, Evêque de Nantes ».

On peut noter également, de l’autre côté de la rue Nationale, le lieu-dit « Pré de le Chapelle ». Ce nom n’a pas été attribué par hasard à ce lieu et il évoque certainement la présence, autrefois, d’un édifice religieux.

Ce ne sont là que des allégations, manquant de preuves tangibles mais qui néanmoins laissent à penser qu’il a existé une vie religieuse bien avant la fin du XIIIème siècle, date à laquelle on relève dans le « Grand Gauthier » la mention de Torfo (1307).

 

Ancien monastere et chapelle

UNE PRESENCE TEMPLIERE A TORFOU ?

Croix templiere

Il semblerait que la Chapelle de la Foire du Couboureau, selon les affirmations de Maurice Esseul, ait une origine templière. «Nous savons que son emplacement était situé en bordure de la voie romaine qui, durant des siècles, avant le tracé d’une route nouvelle, resta une voie d’échanges et de trafic marchand en direction du Poitou. Cette situation était assez profitable pour que s’établisse, vers le XI° ou début du XII siècle, un établissement templier. En outre, l’existence, à quelque distance de là, d’une ferme templière (La Templerie), expliquerait la présence proche d’un établissement dont elle aurait été dépendante. Enfin, l’architecture des baies visibles de la chapelle de La Foire, s’apparente bien au style des XI° ou début du XII° siècle, soit au retour de la première croisade. Ce fut, par la suite, un lieu d’accueil, de passage de pèlerins, de marchands, etc. »    On relève à Torfou, route de la Romagne le lieu-dit de la Templerie, vraisemblablement une ancienne ferme templière.

 

 

Chapelle Foire

Chapelle de la Foire du Couboureau

 

La commanderie de Clisson

Elle est attestée à Clisson avant 1213, elle faisait partie de la commanderie deMauléon,diocèse de Maillezais(enPoitou)

« D’après un état dressé en 1596, la juridiction du temple de Clisson atteignait quarante paroisses, à savoir : Sainte Magdeleine, Saint Brice, et Saint Gilles de Clisson, Le Bignon, Boussay, la Bernardière, La Boissière, la Bruffière, la Chapelle-Basse-Mer, Château-Thébaud (avec le village de la Templerie), Chavagne, Cugand, Gesté, Gétigné, Gorges, la Guyonnière, l’Herbergement, les Landes-Génusson, le Longeron, le Loroux-Bottereau, Maisdon, Monnières, Montaigu, Montbert, Mouzillon, Le Pallet, Remouillé, Saint Aubin, Saint André Treize-Voies (ayant encore la maison du Temple), Saint Colombin, Saint Denis de la Chevesche, Saint Fiacre, Saint Hilaire de Loulay, Saint Hilaire du Bois, Saint Julien de Concelles, Sainte Lumine de Clisson( avec son Hôpitau), Tiffauges, Torfou, Vallet, et Viellevigne (état du Temple de Clisson en 1596) – Archives de la Vienne 3H.729. Malgré le titre que porte cette nomenclature, il nous semble qu’on a réuni ici les dépendances de Boisferré* à celles de Clisson. Nous pensons que cette dernière Commanderie ne s’étendait seul que dans une trentaine de paroisses, tout au plus, appartenant au diocèse de Nantes. De ces paroisses, la majeure partie appartenait au diocèse de Nantes, les autres dépendaient des évêchés d’Angers, de la Rochelle et de Luçon. » . . .

(http://www.infobretagne.com/commanderie-clisson.htm)

*Commanderie de Gesté

 

LA CONGREGATION DES SOEURS DE TORFOU

Communaut religieuse de Torfou

En 1809, Charles Foyer est nommé desservant de la paroisse de Torfou. Cette bourgade a été ravagée par les guerres de Vendée, elle est exsangue malgré les efforts de Louis DENIS, maire de Torfou.

Charles Foyer, natif de Beaupréau, a pris part lui aussi aux combats qui ont opposé Républicains et Vendéens. Il a même participé à la Bataille de Torfou aux côtés des Vendéens. D’après « Héros et Martyrs », on parle « d’un jeune homme de Saint Martin de Beaupréau, Charles Foyer, que ses camarades avaient choisi pour capitaine, se distingua par sa bravoure ».

Il était très proche de la population et s’est vite aperçu de la misère et de l’ignorance des gens.

Naît alors chez le curé Foyer un rêve qui deviendra vite une réalité : créer une Congrégation religieuse avec les jeunes filles du bourg et de la région qui aurait pour mission  de soigner la misère, la maladie et donner une éducation  chrétienne aux jeunes filles. C’est ainsi que la première maison des Sœurs s’implanta dans une masure du Haut Bourg (rue des Trois Provinces).

 

1993 Torfou Statue rue des 3 provinces 1ere communaute

Maurice Esseul nous rapporte par ailleurs :

« Selon le témoignage d’une ancienne propriétaire du n°23 de la rue des Trois provinces (Mme Fort), que j’avais rencontré il y a de nombreuses années, sa maison aurait servi autrefois de chapelle. La date de 1730 figure en façade de cette maison. Lors des travaux de réfection, effectués dans les années antérieures à 1985, il a été repéré, dans les murs intérieurs, des emplacements obstrués représentant d’anciennes niches romanes. Une vierge très ancienne ornait la façade donnant sur la rue. Elle a été enlevée, par la suite, pour des raisons de sécurité. (1)

Serait-on en présence de la modeste maison qui abrita le premier essaim de sœurs, établi par le Père Foyer, avant leur transfert dans la rue Saint-Sauveur ? »

Et très rapidement, pour des questions évidentes de salubrité et de place, la Congrégation déménagea au bas de la rue du Bas-Bourg (actuellement rue Saint-Sauveur). Là aussi, rapidement, les locaux s’avérèrent exigus et le curé Foyer fit construire des bâtiments neufs et adaptés sur les lieux mêmes de la Bataille de Torfou.

Depuis lors, la Congrégation n’a cessé de prospérer, étendant sa mission sur toute la France puis à l’étranger et notamment au Burkina-Faso.

 

ORGANISATION RELIGIEUSE DE LA PAROISSE DE TORFOU

Vers l’an 1000, des moines de l’abbaye de Mauléon (Châtillon sur Sèvre) s’implantent à Torfou.
Au XIII ème siècle est construite la première église de Torfou sous le vocable de Saint Martin.
Pour l’administration religieuse, Torfou appartenait
-          Au diocèse de Poitiers jusqu’en 1317 (on retrouve la mention de « Torfo » dans le pouillé de Poitiers dit du Grand Gauthier).
-          Au diocèse de Maillezais de 1317 à 1648. On retrouve également dans Lacurie P 359 la mention « Ecclesia Paroschialis Sancti Martini de Torfou » comme église paroissiale dépendant du diocèse de Maillezais.
-          Au diocèse de La Rochelle de 1648 à 1802
-          Au diocèse d’Angers de 1802 à nos jours.
Avant la Révolution, Torfou dépendait du Doyenné de Saint Laurent sur Sèvre
Le Curé de Torfou était sous la tutelle de l’Abbé de Mauléon et valait 400 livres (d’après le Pouillé de Bordeaux de 1648.)
Quelques noms de curés retrouvés au fil de nos archives : en mai 1618 Antoine ROUXELLET, 1640   Antoine ROUSSELOT (« ancien curé » cité dans la visite du doyenné de St Laurent en 1650), 1650 Pierre DEFONTAINE Curé, Jan DURAND vicaire, 1672 R FONTENEAU Prestre vicaire, 1685 René NOUET Curé, 1689 François LAIGNEAU curé, René BERNARD vicaire, septembre1700  E. PERROTEAU, 1725 Jean MECHINAUD  (+ le 26/01/1750),  1776 Charles-Hillaire DURAND, curé de Torfou, 1794  Jean-François HULLIN, 1809 Charles FOYER
Charles Foyer

 

ORGANISATION ADMINISTRATIVE DE LA PAROISSE DE TORFOU

La Paroisse de Torfou relevait pour les affaires judiciaires, du Présidial de la Sénéchaussée d’Angers, après avoir dépendu du Comté de Poitou jusqu’en 1033, date de la défaite du Comte de Poitou devant le comte d’Anjou.

Au XVIII ème siècle, Torfou ressortait à l’élection de Montreuil-Bellay et faisait partie du district de Cholet (1788).

D’après Jules SPAL, avant la Révolution, Torfou situé en Marche Commune d’Anjou et de Poitou dépendait de la Baronnie de Montfaucon, du présidial  et sénéchaussée d’Angers. En 1790 du district de Cholet, du canton de la Romagne puis de celui de Montfaucon (arrêté consulaire de Brumaire, an X). Perception de la Romagne, recette de poste sur place (bureau distributeur).